L'almanachronique du 21 mai

Publié le par blancafort

Hello les blogos ! Quoi coa la blogose ?!

Depuis la nuit d'étang, dès le jour fourbu, toutes sortes de batraciens s'égosillent le larynx en un chant foutraque et décousu de coassements glutineux qui bercent, on ne sait pourquoi, nos esgourdes badines.

Sans se soucier des cricris des élytres affinés des grillons qui crissent, grenouilles vertes et crapauds coassent ainsi assis, le cul plongé dans l'eau, le méat grenu et la raie nette, en attendant que le jour se lève. Et bien que tous ces chants, devrai-je dire plutôt cris, peuvent aisément passer pour des couinements gutturaux d'une pompe à merde enrayée et rouillée si on s'y attarde quelque peu, il n'en est pas moins vrai que ceux-ci nous apaisent généreusement et délicatement en nous transportant dans une quiétude de l'âme que n'aurait pas renié Staline.
Alors pourquoi ?
Pourquoi ce coassement rauque, cette vélaire stomacale, nous flatte les oreilles à ce point telle une cantate de Brahms ? Et à ce propos, aimez-vous Brahms à Poutre ? Parce qu'avant tout, notre âme, au-delà de toute spiritualité iconoclaste et feinte, est gastronome ! Oui, en vérité je vous le dis, notre âme est gastronome ! Elle n'est mue que par l'estomac factieux qui résiste encore et toujours aux assauts incessants des arceaux insensés jetés en quinconce par d'obscures psychologies pour, nous dit-on, nous aider à mieux structurer nos vies et nos moi ! Ha ha ! Je ris ! Je pouffe !
Non ! Non ! Mes très chers frères et soeurs, notre âme est gastronome ! Car que voyons-nous, qu'entendons-nous en ces chants nocturnes ?! Hmm ? Nous ne voyons en fait qu'une foule bigarrée de cuisses charnues et musclées prêtes à frémir dans une poêle accorte et à queue ! Cuisses qui, au préalable, ont été roulées dans la farine, puis rissolées dans l'huile et agrémentées d'ail et de persil ! Hmmmm...
Entendez-vous mugir ces féroces appétits dans vos osselets frémissants qui brident ainsi la raison en un cri plaintif d'inutile résistance ? Hein ?
Tout n'est que mets goûteux dans ce bordel ambiant d'une nature bruissante ! Ne nous voilons pas la face ! 
Quand vous entendez le roucoulement de roubignoles coincées d'un pigeon solitaire à la con, n'entendez-vous point plutôt le salmis qui gondisse ? Quand couine dame lapine, ne voyez-vous pas la gibelotte qui rebelotte ?!  Le grillon qui se potéetise ? La cigale qui se melbaïse ? Le boeuf qui se steackise ? Ma voisine sur le palier ?

Et c'est ainsi qu'Allah est grand et que ma voisine me casse les roubignoles sus-dites !

Publié dans Chroniques

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article