L'almanachronique du 30 mai

Publié le par blancafort

Hello les blogos ! Ô la Kétal la blogose !

 

La saison des bodegas est ouverte ! Olà compagneros ! Olà compagneras ! Toros y terrasses, Os y As de corrazon ! Remuez vos guenilles, secouez vos foulards ! Toi le brave Hidalgo et toi le fou don Quichotte, vous nonchalants chamarrés et Dulcinée qui chaloupe déjà, voyez comme elles fleurissent toutes ces petites buvettes bringuebalantes par tout le pays !
Voyez ces petits bistrots de ojos, ces brimbalants rades où nous viendrons tous musarder de la glotte et baguenauder du palais !
Amis blogos, reine blogose, qui vivaient dans des pays imbéciles où toujours il pleut ( C'est pour la frime ! Gloire à Brassens et son orage ! ), voyez ce Sud-Ouest qui se prend pour l'Espagne, voyez ces châteaux de cartons qui s'érigent au diable vauvert !
Au gré des villages perdus entre les mamelles de verdure, au fil des rus où paissent de petits bourgs, dans de pauvres patelins presque morts, de partout s'installent des bodegas qu'on croyait à jamais perdues.
Elles sentaient le remugle et la pisse de chien. Elles se faisaient bouffer le lard par des vers pas même rimés ! Les voilà qui s'éveillent à nouveau ! Voyez comme elles sont fières ! 
Voyez ces comptoirs imbibés des bitures d'autrefois posés sur de vieux fûts de vins âcres, et comment ils se parent d'ancestrales affiches de corridas sanglantes.
Voyez les tous ces toreros de pacotille, ces aficionados vêtus en chipolatas de supermarché qui s'en viennent la gorge fière s'arimer au comptoir portuaire !
Ecoutez ces chants ardents de mille voix beurrées ! Sentez ces relents d'alcool mauvais et de graillons capiteux ! Et combien coule la bière ! Ô combien l'exécrable sangria brûle le pauvre oesophage fébrile ! Et ces estomacs de paillasse qui résistent tant et tant à la vinasse du père Fouettard !
Olé par ci, Olé par là ! Admirez les déhanchements de cette Dulcinée accorte qui vous entraînent sous des cieux enivrants ! Mais gare aux maritornes ! Elles vous guettent, vous étreignent et vous laissent pour mort au coin d'une rue avinée !

Mais attention ! Gare ! Ne nous voilons pas la face de Carême à rasé ! Il est un problème grave et solennel !

Je veux parler des soûleries approximatives des jeunes oisillons ! Petits buveurs brindezingués en un claquement de doigt, picoleurs du dimanche qui boivent plus que de raison, sans art et sans amour de la griserie légère et bienfaitrice !
Car le savoir-boire n'est pas qu'une irréelle bienséance des épicuriens affables ! Non ! Il est une réalité hédoniste ! Ne songer qu'au plaisir certes, mais avec une recherche raisonnée et la satisfaction du temps qui passe en évitant pour le mieux les souffrances futures !
Savoir boire, savoir vivre !
-Olà que tal ?
-Muy bien !
Et que vienne le temps des chaleurs charnelles et vinicoles !

Publié dans Chroniques

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