L'almanachronique du 18 mai

Publié le par blancafort

Hello les blogos ! Arriba riba la blogose !

Il pleut. Naturellement. Comme toujours durant les seins de glace. Les Saints ? Et ça ne durera peut-être pas jusqu'à l'heure de notre mort ( Si les aiguilles ne tardent pas ).

Je viens de rentrer de mon voyage en Creuse. J'y ai vu des hommes et des femmes qui vivent à peu près cent ans, sans devenir des vieillards. Ils se conservent dans de l'alcool aussi clair que de l'eau de pluie et n'en sortent que pour respirer une heure par jour. Ils ont la peau douce des poires et le teint de la chair de pêche jaune. Quand ils atteignent la soixantaine, ils se rabougrissent et ressemblent à des crapauds. Puis après l'âge de quatre-vingt ans, ils se gonflent et reprennent une forme humaine. Ils sentent l'encaustique et le marc de café avec une pointe de vieux armagnac.
Au fond des vallées sombres, de grands jardins d'agréments plantés de chênes et de marronniers accueillent toute une foule d'animaux merveilleux et variés.
On y trouve le lièvre de la Fontaine portant une carapace de plumes d'ange, l'ours d'Apollinaire, le grand cerf de Buffon et le pécari qu'a pleuré.
Les voyageurs de ces contrées verdoyantes risquent d'être assourdis par le chant des rossignols des nuits heureuses, des hirondelles qui trissent en rase-mottes, des grives musiciennes, des pinsons, des alouettes qui se mirent au miroir des vanités, des pigeons et des paons ocellés qui pulullent dans les buissons ardents au pied des hautes futées.
Dans les ruisseaux de vin, vivent une multitude de poissons gais.
La truite beurrée, la perche barbue, le goujon cabotin, le cabot aux yeux vairons, l'hotu à blettes et le poisson-chien sans ombre.

Dans le nord-est de la Creuse, protégée par une bande de brouillard éternel, la forêt de Combraille s'étale à perte de vue. La flore ne ressemble à aucune autre dans la France.
Le chênemiche ou arbre à pains pousse sur d'autres arbres, le plus souvent des conifères à aiguilles courbes; sa sève blanche, que l'on arrive à extraire en pressant l'écorce molle, permet aux boulangers de confectionner les plus délicieux croissants; le marroglier ou arbuste à saucissons pousse comme du lychen géant et peut atteindre la hauteur de cinquante mètres dès la première année; la peau de ses fruits, après macération, donne une eau-de-vie phosphorescente.

Au tréfond de cette forêt, j'y ai rencontré une sorcière, Madamer Voueizeille, qui se croit laide comme un pou-pidoule et prétend que tous les hommes la fuient.
Tous ceux qui l'ont rencontré sont tombés néanmoins sous son charme maléfique, séditieux, et sont tous devenus des cochons sans groin.
Et...et...Grouik ! Grouik !...Hum Hum...et sans doute...euh...Grouik ! Grouik !...euh...Grouik ! Grouik !

( Quel pays de merde ! )

Grouik ! Grouik !

Publicité

Publié dans Chroniques

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article