L'almanachronique du 20 mai
Hello les blogos ! Hass ta sien près la blogose !
-" Non mais c'est pas bientôt fini tout c'bordel !!!" clama haut et fort un voisin, au demeurant con, du rade où des rats sans eau et forts médusés, finissaient les derniers verres éreintés, dès cinq heures du matin, au doux son d'une techno-rock bien rythmée au sol, sans oublier le do cassé !
-" Ya d'quoi devenir sourd !" continua ce voisin insistant au demeurant assez chiant !
-" Ta gueule !" rétorqua un des rats des champs, " ...de toute façon, nos nuits sont plus belles que vos sourds !".
Ce qui, au-delà d'une mièvre répartie débile, provoqua l'hilarité générale dans le bar où nous étions ( oui, j'en étais ! ), plus enclins à rire du traditionnel "Pipicacadodo" que des saillies brillantes d'un Sacha Guitry gai bien qu'hétéro !
Ah les fins de soirées de griserie festive ! Elles sont la substance même, la substantifique moelle grisée, de cet abominable succube honoré comme il se doit, qu'est l'alcool !
Où l'on voit le Saint-Esprit côtoyer la Sainte-Nitouche, où le saint-bernard sur son saint-siège fait émaner de son saint-séant quelques effluves de saint-paulin et de saint-nectaire réunis, en chantonnant un "Avec le temps" approprié.
Où toujours titube le solitaire heureux de n'être plus l'individu rejeté qu'il se croyait être !
Avec son lot de dragueurs désinhibés qui bredouillent d'incompréhensibles compliments froissés, d'adolescentes imprudentes qui s'illuminent la caudale aux yeux embués de quadragénaires amusés et tentés, de lèvres molles qui s'échouent sur les bords des verres rivés au comptoir et d'hypothétiques chants de salle de garde dont les rimes approximatives ne sont que l'écho de l'hypogastre délétère et rincé !
Où l'amitié factice mais chaleureuse se prolonge de tournée en tournée sous les bons auspices des mots piquants et des maux doux, où les confessions intimes se donnent en pâture à la presse à sandales des promeneurs solidaires !
Où le dragueur maniéré, amazonard piteux, s'en retourne, le coeur lassé, entre ses deux draps immaculés, nourrir ses rêves d'improbables fêtes galantes.
Où les jungles pensives sont d'inextricables racines dénudées, offertes aux oreilles fidèles des copains presque attentifs, qui frappent trois fois du poing sur leur sein pour appuyer leur foi indéfectible en leur amitié franche et éternelle !
Où les remords douloureux du fond de la pensée s'arrachent par lambeaux, comme sculptés par un bûcheron extatique !
Où l'amour se plie à la tendre complicité d'un silence apaisé.
Où...
Mais il est temps de dormir.
De dormir et de rêver.
Sous l'oeil complice des paradis exquis.
Avec nonchalance...