L'almanachronique du 26 mars

Publié le par blancafort

Hello les blogos ! Havellou a lumpfish caviar the blogose ?

Tout va très bien, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien.
Pourtant, il faut, il faut que je vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Un incident, une bêtise...
Ce 26 mars, que retiendra-t-on ? La mort de Thierry Gilardi qui a tant fait pour passionner les prolétaires au jeu de la baballe que se disputent des nantis ? Le voyage de Carla et Nicolas au pays des théières couronnées ? La hausse du CACA 40 ? Les bonzes amis qui chinent aux Puces de l'Olympe ? Le 4001ième GI qui mourra ou la nouvelle hausse du baril qui m'aura ? La suppression du point virgule ? Hein ? Nul ne le sait ! " Le temps emporte sur son aile et le printemps et l'hirondelle, et la vie et les jours perdus; tout s'en va comme la fumée, l'espérance et la renommée." Oui mon bon Musset ! Tu as raison, le temps passe et les souvenirs trépassent ! Seuls quelques-uns perdureront. Mais lesquels ? Regardez par exemple pour ce qui est de l'année 1961. On oubliera aisément la découverte du nuoc mam par les américains proche d'Hanoi, la pose des barbelés dans le centre de Berlin et le vol dans l'espace de Gagarine pour échapper à sa femme acariâtre. De la roupie de sansonnet ! Non ! Un seul évènement mérite notre souvenir. Un seul ! Et ça tombe bien, nous fêtons son anniversaire aujourd'hui même ! En effet, ce 26 mars 1961, la télévision française invente le carré blanc !
Le carré blanc ! Souvenez-vous les petits ! Alors que la vente des téléviseurs prend un véritable essor au début des années 1960, les censeurs sensés se doivent de protéger les yeux purs des chères têtes blondes. Désormais un carré blanc sera apposé en bas à droite de l'écran. Le tout premier film qui essuiera les plâtres ce 26 mars 1961 est Riz amer de Giuseppe de Santis. Ah Riz amer ! Déjà la Chine, déjà la censure !
Souvenez-vous ! Bella Fransceca dans les rizières ! Bella ragazza ! Silvana Mangano ! La sulfureuse Silvana, "beauté rizicole aux longues cuisses gainées de noir jaillissant d'un mini-short sexy et aux appâts généreux moulés par un pull-over rouge des plus saillants !" Aaaaaaah Silvana ! Je m'embrase, je boue, je brûle, je m'enfièvre la caudale ! Que de galbes charnus en ton sein ! Tiens, parlons-en ! De tes seins "gonflés du lait de la tragédie, et que les sédiments de l'art ont emplis d'une flore de souffrance !" Ah putain de censure ! Ces seins déjà célébrés du temps de Salomon dans le Cantique des cantiques ! Pourquoi tant d'opacité ? Mais écoutons :
Tes seins sont des frères jumeaux,
Les petits faons d'une chevrette
Que tu pais entre les iris
Les plus blancs et resplendissants. (...)

Ni le nard ni le cinamome,
Ni le safran du désert,
Ni la myrrhe la plus suave,
N'embaument plus que tes seins. (...)

Et ta silhouette ressemble
A un plamier de ce coteau
Et tes seins ressemblent à deux grappes
De belle allure et beau volume...

Messieurs les censeurs...
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Publié dans Chroniques

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