L'almanachronique du 23 mai

Publié le par blancafort

Hello les blogos ! Héglouhéglouhéglou la blogose !

Il y a un dernier verre plein d'un vin trembleur qui a emporté un éclat de rire
Il y a un vide au comptoir qui se fait plus grand chaque jour
Il y a la chanson lente d'un batelier qui se meurt
Il y a un retraité qui passe aveuglé par les gaz asphyxiants
Il y a que nous avons tout gâché à travailler plus pour mourir vite
Il y a que je languis après ton départ grisé
Il y a dans mon porte-monnaie plusieurs illusions passées
Il y a les syndicalistes qui passent la mine inquiète
Il y a une batterie de ministres dont les mots s'agitent autour des désenchantements
Il y a le singe qui fouille les poubelles des hommes-taupes
Il y a dit-on un adulescent qui fume une cigarette électronique au bar à eau en attendant la généreuse imposture des censeurs
Il y a dressé comme un lys le buste de mon amour
Il y a un routier usé qui attend avec anxiété la folie vénale d'un pétrole mort
Il y a à minuit des moustiques qui aiguisent les trompes réjouissantes des vieux mâles amoureux
Il y a des femmes qui demandent du riz à grands cris devant une bourse sanglante et rieuse
Il y a le Gulf Stream qui est si tiède et si bienfaisant
Il y a un cimetière plein de morts qui ont voté et travaillé sans jamais croire
Il y a des doutes ci et là
Il ya des pissenlits sur les longs chemins où des filles blondes se caressent
Il y a les petits seins fervents de mon amour
Il y a des hommes dans le monde qui n'ont jamais souri
Il y a des Chinois qui regardent avec étonnement les campagnes occidentales
Ils pensent avec mélancolie à ceux dont ils se demandent s'ils les reverront
Car on a poussé très loin durant cette guerre l'art de l'invisibilité.

Un p'tit salut à l'Apollinaire
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Publié dans Chroniques

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