L'almanachronique du 4 novembre. NEW YORK !

Publié le par blancafort

Hello les blogos ! Haut bas ma blogose !

Ce désormais quotidien "Hello", qui ouvre insensiblement mes chroniques aussi invariablement que le fit en son temps Vialatte avec sa conclusion inénarrable "Et c'est ainsi qu'Allah est grand", me sert ici, à New York, de salut infaillible et amical. Un "Hello" par ci, un "Hello" par là, et me voilà dans la peau, certes caricaturale, d'un américain du Sud, à l'accent singulier et fortement rural. A noter que si je saluais mes contemporains de la grosse pomme d'un "Et c'est ainsi qu'Allah est grand", je ne crois pas que mon séjour se poursuive aussi sereinement que je le souhaitasse.
"Hello New York !" me suis-je écrié, sur le parvis de l'aéroport JFK, à peine débarqué de ce voyage furtif, en vieil héritier de Rastignac que je suis. "Hello New York !"
Dix degrés. Temps clair. Pollution au maximum. Enfin une mégalopole digne de ce nom ! Après une infime mésaventure (voir photo), je me suis empressé de plonger dare dare dans ces fameux taxis jaunes, direction le centre de New York.
Toutes les images, d'Epinal ou pas, que l'on se fait de cette ville, à travers les films, les reportages, les séries, sont, paradoxalement, l'exacte représentation de cette cité quasi légendaire qu'est New York : mégalopole extravagante, irrationnelle, folle et excentrique ! D'abord par la vision de ce "mur" impressionnant de buildings qui ouvre le premier tableau quand on se trouve sur l'autoroute Long Island Expressway, l'I-495. Des gratte-ciels mythiques qui n'en finissent pas de gravir les cieux à la recherche d'une hypothétique rédemption architecturale. Un tableau intemporel dont l'impact vous noue tout de suite la gorge. Vous êtes dans le bain, dès les premiers instants. La vie est là, impérieuse, magistrale, grouillante, dans les rues, les longues avenues, partout, immuable et éternelle. Je me rends sur Wall Street. Ruben, mon taxi, un vieil homme avec un accent typiquement texan, me demande, tout sourire, d'où je viens. L'idée que je sois français et que je vienne ici faire un reportage sur les élections américaines déclenche chez lui un rire franc et tonitruant. Il s'étonne de notre intérêt spécifique sur ces élections. Poursuivant notre périple et notre dialogue teinté d'ironie, je m'informe sur un bar particulier qu'il connaîtrait dans Wall Street pour une rencontre, improbable peut être, avec des traders. Ruben se fend la gueule. Visiblement, il me prend pour un fou. Lui demandant ce qu'il pense de cette crise financière et plus particulièrement du dorénavant fameux "trader", Ruben arrête son taxi et se retourne vers moi. Comme Henry Fonda dans "Que le meilleur l'emporte", il me dit d'un ton péremptoire : " Le trader, il a tout d'un chien, sauf le coté fidèle !". Me laissant au 17 John Street, après un dernier rire tranché, je ressasse sans cesse, sans toutefois la comprendre, cette réplique énigmatique. Sacré Ruben ! Me voilà devant le John Street Bar & Grill, dans Financial District. Je rentre. Un long comptoir, une enfilade de chaises en bois, une télévision branchée sur les infos; sur la droite, des chaises et des tables, des bougies rouges scintillent dans une atmosphère électrique. C'est l'heure de la pose. Il est midi. Les traders sont bien là. Au mur, les portraits d'anciens serveurs (?), et tous ceux qui ont fait les heures glorieuses de Wall Street. Milton Friedman au centre. Salut Milton ! A ta santé ! Le serveur me tend le menu. Je prends le Wall Street Burger with onions rigs and mushrooms, à 7,95 dollars, avec une Bud bien fraîche. Et j'écoute. Les discussions vont bon train. On entend surtout le nom de MC Cain, et parfois celui d'Obama, qui provoque irrésistiblement des éclats de rire railleurs. Certains traders, qui ont perdu leur emploi, et qui pourtant viennent toujours dans Wall Street respirer l'air ambiant, esquissent une légère polémique en se demandant si Obama ne servirait pas mieux et plus, tout compte fait, leurs intérêts purement spéculatifs. Crise de rire garantie ! Je me demande s'ils n'ont pas raison après tout. La télévision, omniprésente, crache continuellement un flot ininterrompu de chiffres, de pourcentages, d'indices. Les derniers sondages sur l'élection à proprement dite, les taux d'une bourse encore vivante, les fluctuations délurées d'autres places boursières à travers le monde.
Je termine ma Bud. Le serveur, un certain John Darling, quel nom évocateur !, me souris. Il veut absolument me parler en français. " Je suis aime beaucoup le France !" me dit-il, fier et cordial. Aaaah New York !
A suivre
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Publié dans Chroniques

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