L'almanachronique du 6 novembre. Dernier jour à New York.
Hello les blogos ! Don't you want to be free my blogose ?
Cher Gwendal, très cher Gwendal, je ne suis pas sûr de faire preuve, lors de ce séjour à New York, d'un optimisme béat, ni d'un espoir que trop exalté par l'euphorie ambiante, mais vois-tu, cette atmosphère d'humanité, comme on a pu l'entendre ici et là, cette petite atmosphère d'humanité qui a traversé hier l'Amérique, le long des rues et des avenues, dans les parcs, les bars, nous a profondément réchauffé le coeur, ne serait-ce qu'un court instant, un précieux instant. Je ne doute pas que tout cela retombera très vite face à cette putain de réalité qui ne va pas tarder à montrer le bout de son nez. Certes. Mais merde, qu'il est bon, sans prendre de recul pour une fois, qu'il est bon de toucher du doigt un espoir presque organique. Comme le dit Malraux : " Un monde sans espoir est irrespirable. " Hier soir, qu'il était bon de respirer, les poumons grands ouverts. Sans oublier ce "demain" si familier, je te rassure.
Il n'y a qu'à voir tous ces visages croqués, emplis d'une joie lumineuse. Aucun d'eux n'oubliait la réalité, ni même les sempiternels lendemains qui déchantent. Aucun.
Ploum Ploum.
Aujourd'hui, je repars in my country. New York est encore sous le coup d'une soirée vertigineuse, déchaînée. Les balayeurs, noirs pour la plupart, effacent les traces des ivresses désinvoltes, nettoient les alambics, avec un je ne sais quoi de sourire audacieux au coin des lèvres. Des corbeaux tournoient dans le vent glacial du matin. Dans Central Park, quelques écureuils vont et viennent, un prédicateur se chauffe la voix, les premiers joggers halètent. Les ormes roussissent déjà. J'ai la bouche pâteuse. Sûrement trop de bourbon ! Alima, Dean, June, et les autres, me manquent. Je bois un dernier café new-yorkais au Subway, un vieux bar au 143 East 60th Street, lugubre à souhait, avec son vieux néon rouge à l'extérieur. On se croirait dans un tableau d'Edward Hopper. Le café est dégueulasse. Je me suis encore trompé. Je n'ai pas demandé un expresso. Le serveur, un certain Miles, aussi vieux que la banquette fânée proche des toilettes, me demande ce qui ne va pas. - " Nothing ! Nothing ! But i...i wanted a coffee...a expresso ! And je me suis...euh...a mistake...i made a mistake ? Yes ! You know ? " Après m'avoir demandé d'où je venais, une habitude typiquement new-yorkaise, Miles y va de son petit couplet sur la France. Son vieux pote Woody Allen, qui vient parfois ici ( !!!!! ) boire un coup, lui a raconté ses nombreux voyages sur Paris. Il en connaît un rayon. Avec un sourire chaleureux, il me prépare un expresso. Ben merde, Woody Allen ! Ici ! Le mythe est toujours au coin de la rue, au fond des tasses, sur un vieux tabouret de bar.
J'en ai pour mon compte ! Il faut partir. Obama et Woody Allen m'accompagnent dans mon taxi jaune. Aéroport JFK. La boucle est bouclée. Demain le Gers.
Dans la salle d'attente, tout autour la vie continue, les voyageurs, les journalistes, les marchands de journaux qui exultent, le commissariat de l'aéroport, le clodo black du secteur. Un peu moins invisible. Si peu.
A demain...
Cher Gwendal, très cher Gwendal, je ne suis pas sûr de faire preuve, lors de ce séjour à New York, d'un optimisme béat, ni d'un espoir que trop exalté par l'euphorie ambiante, mais vois-tu, cette atmosphère d'humanité, comme on a pu l'entendre ici et là, cette petite atmosphère d'humanité qui a traversé hier l'Amérique, le long des rues et des avenues, dans les parcs, les bars, nous a profondément réchauffé le coeur, ne serait-ce qu'un court instant, un précieux instant. Je ne doute pas que tout cela retombera très vite face à cette putain de réalité qui ne va pas tarder à montrer le bout de son nez. Certes. Mais merde, qu'il est bon, sans prendre de recul pour une fois, qu'il est bon de toucher du doigt un espoir presque organique. Comme le dit Malraux : " Un monde sans espoir est irrespirable. " Hier soir, qu'il était bon de respirer, les poumons grands ouverts. Sans oublier ce "demain" si familier, je te rassure.
Il n'y a qu'à voir tous ces visages croqués, emplis d'une joie lumineuse. Aucun d'eux n'oubliait la réalité, ni même les sempiternels lendemains qui déchantent. Aucun.
Ploum Ploum.
Aujourd'hui, je repars in my country. New York est encore sous le coup d'une soirée vertigineuse, déchaînée. Les balayeurs, noirs pour la plupart, effacent les traces des ivresses désinvoltes, nettoient les alambics, avec un je ne sais quoi de sourire audacieux au coin des lèvres. Des corbeaux tournoient dans le vent glacial du matin. Dans Central Park, quelques écureuils vont et viennent, un prédicateur se chauffe la voix, les premiers joggers halètent. Les ormes roussissent déjà. J'ai la bouche pâteuse. Sûrement trop de bourbon ! Alima, Dean, June, et les autres, me manquent. Je bois un dernier café new-yorkais au Subway, un vieux bar au 143 East 60th Street, lugubre à souhait, avec son vieux néon rouge à l'extérieur. On se croirait dans un tableau d'Edward Hopper. Le café est dégueulasse. Je me suis encore trompé. Je n'ai pas demandé un expresso. Le serveur, un certain Miles, aussi vieux que la banquette fânée proche des toilettes, me demande ce qui ne va pas. - " Nothing ! Nothing ! But i...i wanted a coffee...a expresso ! And je me suis...euh...a mistake...i made a mistake ? Yes ! You know ? " Après m'avoir demandé d'où je venais, une habitude typiquement new-yorkaise, Miles y va de son petit couplet sur la France. Son vieux pote Woody Allen, qui vient parfois ici ( !!!!! ) boire un coup, lui a raconté ses nombreux voyages sur Paris. Il en connaît un rayon. Avec un sourire chaleureux, il me prépare un expresso. Ben merde, Woody Allen ! Ici ! Le mythe est toujours au coin de la rue, au fond des tasses, sur un vieux tabouret de bar.
J'en ai pour mon compte ! Il faut partir. Obama et Woody Allen m'accompagnent dans mon taxi jaune. Aéroport JFK. La boucle est bouclée. Demain le Gers.
Dans la salle d'attente, tout autour la vie continue, les voyageurs, les journalistes, les marchands de journaux qui exultent, le commissariat de l'aéroport, le clodo black du secteur. Un peu moins invisible. Si peu.
A demain...
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