L'almanachronique du 23 février

Publié le par blancafort

Hello les blogos ! Sproutch Sproutch la blogose !

On la qualifie de vente du siècle ! Pas moins ! La vente du siècle ! Vous en avez sûrement entendu parler. Il s'agit de la collection privée de Bergé-Saint Laurent, accumulée et amassée depuis 1972, et qui, selon des experts avertis, incarne l'excellence du goût français. On y retrouve tout le gratin du Who's Who artistique : Fernand Léger, Matisse, Brancusi, Dunan, Ingres, David, Picasso, Mondrian, Eileen Gray, Géricault et bien d'autres encore. Ils sont tous là ! Pas moins de 700 oeuvres, qui feraient pâlir les Rothschild et les de Noailles, aimables collectionneurs pour qui le capital provient avant tout de l'exploitation de l'homme par le porc. Et tout le monde de bader, de s'extasier devant tant de richesse et d'excellence ! Il est bien loin le temps béni du sang révolutionnaire qui abreuve nos sillons !
Pierre Bergé, le porte-drapeau du Luxe à la française, vieillard cacochyme qui a de tout temps désiré racheter son âme vénale, se sépare donc de sa prestigieuse collection, exposée sous la nef du Grand Palais pour le plus grand plaisir du bon peuple qui, docile, ramasse consciencieusement les miettes qu'on lui donne en pâture. Vous allez me dire : Pourquoi tant de haine ? Certes, il y a d'autres combats plus scandaleux et criminels qu'un gâteux gâté qui se sépare, la mort dans l'âme ( Snif Snif ! ), d'un pareil patrimoine. Certes. Surtout, comme le dit Bergé, quand l'on sait que la totalité de la vente sera reversée à des oeuvres caritatives et à la lutte contre le sida. Bienheureux le Grand homme désintéressé ! Ce qui m'énerve au plus haut point et m'exaspère, c'est qu'une collection privée d'oeuvres universelles, amassée par de petits bourgeois précieux, retourne dans les mains privées d'autres bourges cossus, altruistes il va sans dire, sous couvert d'une bonté miséricordieuse. C'est à vomir ! Il est vrai que si Pierre Bergé, dans une bouffée de philanthropie ultime et épicurienne, avait cédé toutes ses oeuvres aux musées nationaux, le bon peuple, atteint du sida ou pas, n'aurait sans doute jamais honoré sa mémoire comme il se doit. Alors que là, avec tout le pataquès médiatique respectueux auquel on assiste, le croulant s'ouvre toute grande les portes du Paradis. Heureux les simples d'esprit et les bourses charitables !
Gloire à Pierre Bergé ! Comme il le disait : " L'art est un besoin vital, comme l'eau pour survivre."
Manque de pot, l'eau est désormais dans le domaine privé.
Dieu reconnaîtra les survivants !
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Publié dans Chroniques

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