Le silence

Publié le par blancafort

La soirée s'écoule lentement entre les frimas du silence et l'oraison funèbre d'une nuit sans nom. Je pense à elle. Insidieusement. Inutilement. Le mal est fait et ne sera plus à faire. Il y a désormais l'indifférence, les yeux baissés et peut être le doute. Mais que faire ? Sinon penser, toujours et encore. Penser jusqu'à disparaître. Penser et puis oublier. L'oubli. Cet impensable oubli. Et puis la nuit...froide et mystérieuse, comme une amie interdite. Le risque de ne pas croire en soi. De ne plus croire. De n'espérer qu'un plus tard hypothétique, un ailleurs, un semblant de pas grand chose. Trois fois rien. Un petit rien. Oui c'est ça. Un petit rien de pas grand chose. Mais quelquechose. Même infime, même léger. Une légèreté infime. Un sourire et puis la nécessité d'y croire à nouveau. Encore une fois. Juste une fois. Pour espérer qu'un jour, qu'un jour seulement, tout soit possible. Que tout redevienne possible. Y croire. La légèreté infime d'une tête posée sur mon épaule. Un souffle. Le souffle chaud d'une dormeuse en silence. Le silence d'une nuit.
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Publié dans Un peu de culture

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